LES OVCR


Qu'est ce que c'est?


Les occlusions veineuses rétiniennes (OVR) correspondent à une oblitération du système de retour veineux de la rétine (thrombose ou « phlébite » dans le langage courant).
Les OVR peuvent concerner la totalité du retour veineux rétinien : on parle alors d’occlusion de la veine centrale de la rétine (OVCR) ou ne se limiter qu’à une branche veineuse : on parle alors d’occlusion de branche veineuse rétinienne (OBVR).

Quelle en est la cause?


Au cours d’une OVR, la pression qui règne dans la lumière des veines rétiniennes augmente et il se produit une extravasation de fluide et de sang depuis les veines vers la rétine : c’est l’œdème rétinien. Localisé au centre de la rétine (la macula), l’œdème est responsable d’une baisse de la vision. Si la pression est très élevée du fait d’une thrombose totale, le sang ne parvient plus à circuler. La rétine n’est donc plus alimentée en oxygène et s’endommage de façon irréversible : c’est l’ischémie. On distingue ainsi des OVR légères et modérées dites OVR œdémateuses des OVR sévères dites OVR ischémiques.
Les deux complications redoutables des OVR sont la perte de la fonction visuelle et la prolifération anarchique de vaisseaux sanguins anormaux. En effet, en réponse à l’ischémie rétinienne, l’œil sécrète des facteurs stimulant la repousse de nouveaux vaisseaux tels que le VEGF (Vascular Endothelial Grouwth Factor). Les néo-vaisseaux, anarchiques, saignent : c’est l’hémorragie intra-vitréenne, rétractent la rétine : c’est de décollement de rétine tractionnel, et obstruent le système de filtration trabeculaire de l’œil entrainant une élévation importante de la pression oculaire : c’est le glaucome néo-vasculaire.
Une OVR sévère peut conduire à la perte anatomique et fonctionnelle de l’œil.
Les OVR sont rares, elles ne concernent au cours de la vie que 0.3 à 1.6% de la population. Elles surviennent volontiers chez des patients de plus de 60 ans, mais peuvent se produire à tout âge.

Plusieurs facteurs de risques précipitent la survenue de cette affection :
- hypertension artérielle : associée dans 50 à 60% des OVR, il s’agit du premier facteur de risque d’OVR ;
- glaucome et hypertonie oculaire : il est fortement associé aux OVCR,
- facteurs de risques cardio-vasculaire (tabac, hyper-cholestérolémie, surpoids, diabète) : ils sont à l’origine d’une rigidification des vaisseaux sanguins (artériosclérose) qui explique l’OVR, souvent à type d’OBVR (compression d’une branche veineuse au croisement d’une artère rigidifiée).
- Des troubles de la coagulation et maladies inflammatoires générales peuvent expliquer la maladie chez les patients jeunes.

Quels en sont les symptômes?


Les OVR sont responsables d’une baisse de vision unilatérale d’installation rapide (quelques heures) qui survient souvent le matin au réveil. L’importance de cette dernière est très variable, allant du simple flou visuel à la perte de vision complète, selon que la macula soit concernée ou non par l’affection, et selon le degré d’obstruction de la veine (OVR oedémateuse ou ischémique).
A la phase aigüe de l’affection, l’œil est blanc et indolore.
En cas de glaucome néo-vasculaire, qui survient en règle générale plusieurs semaines après l’accident, l’œil devient rouge et fortement douloureux (CF chapitre glaucomes).

Comment en fait on le diagnostic?


Au début de l’affection, l’examen du segment antérieur de l’œil est normal. L’examen du fond d’œil après dilatation pupillaire met en évidence une augmentation du diamètre des veines rétiniennes qui deviennent tortueuses et boudinées ; des hémorragies rétiniennes et un œdème rétinien et du nerf optique. En cas d’ischémie, des signes de souffrance rétinienne apparaissent : les nodules cotonneux.
L’étendue de ces signes est variable selon qu’il s’agisse d’une OVCR ou d’une OBVR.
Des néo-vaisseaux anarchiques peuvent être visibles sur la rétine ou l’iris, compliqués ou non de décollement de rétine, d’hémorragie du vitré, d’élévation de la pression oculaire.
L’angiographie à la fluorescéine permet de déterminer l’étendue de l’affection et différentier les formes oedémateuses des formes ischémiques.
La Tomographie en Cohérence Optique (OCT) rétinienne recherche et suit l’évolution d’un œdème maculaire.

Quel en est le traitement?


Les OVR oedémateuses peuvent ne pas bénéficier de traitement et s’améliorer alors spontanément car des réseaux collatéraux de suppléance peuvent se développer en quelques semaines. En cas de baisse visuelle significative liée à l’œdème maculaire, votre ophtalmologiste peut réaliser des injections répétées d’anti-VEGF ou de corticoïdes afin d’assécher l’œdème maculaire et améliorer la vision. Il peut y être associé un traitement LASER rétinien localisé.
Le traitement des OVR ischémiques repose sur le traitement LASER de la totalité de la rétine périphérique par pan-photo-coagulation. Il peut être associé à ce traitement des injections intra-oculaires d’anti-VEGF ou de corticoïdes. Ce traitement prévient la survenue des complications suscitées.
Le traitement du décollement de rétine et de l’hémorragie intra-vitréenne persistante est chirurgical.
Quelle que-soit la forme d’OVR, il convient également de corriger les facteurs de risque sus-cités.

Quelles sont les questions fréquentes sur cette affection?


Ne peut-on pas améliorer ma vue avec des lunettes ?
La baisse de vision est liée à une maladie rétinienne (transformation de l’information lumineuse en influx nerveux pour le cerveau) et non pas à un problème de puissance de l’œil. Modifier votre lunette, si celle-ci était bien adaptée avant l’accident, ne permettra pas d’améliorer votre vue. On pourrait comparer cela à changer l’objectif d’un appareil photographique dont la pellicule est endommagée : cela n’améliorera pas la qualité de la photographie.
Les injections vont-elles être répétées indéfiniment ?
Les injections sont répétées tant que l’œdème maculaire récidive. Elles sont souvent espacées avec le temps mais demeurent nécessaires au maintien de l’acuité visuelle. Il arrive qu’un réseau vasculaire de suppléance se développe et permette de cesser les injections après plusieurs mois voire années de traitement.


En espérant vous avoir permis de mieux comprendre les causes et les conséquences de cette affection, nous sommes à votre disposition pour toute information complémentaire.


Auteur: Dr Dr Muriel POLI MD,PhD
Dernière mise à jour: 20 Fevrier 2015

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