!DOCTYPE html> Pathologies oculaires - La cataracte - Pôle Vision Val d'Ouest - Centre spécialiste de l'ophtalmologie à Lyon

LA CATARACTE


Qu'est ce que la cataracte?


La cataracte correspond à l'opacification progressive du cristallin qui se développe naturellement avec le temps. Cette opacification, lorsqu'elle atteint un certain degré, limite la pénétration de la lumière à l'intérieur du globe oculaire et est alors à l'origine d'une baisse de vision motivant l'intervention.

opacifiaction du cristallin au cours du vieillissement à l'origine de la cataracte
Principalement liée au vieillissement, son traitement est exclusivement chirurgical. C’est la première cause de cécité réversible dans le monde et plus d’un demi million de personnes en sont opérées chaque année en France.

Quelle est la cause de la cataracte?


L’opacification physiologique du cristallin avec le vieillissement est utile jusqu’à un certain stade car elle protège la rétine de la toxicité de certaines longueurs d’onde lumineuses en filtrant les rayons ultra violets (d’où la nécessité impérieuse de protection solaire des yeux des enfants dont le cristallin n’a pas encore acquis cette propriété filtrante).
La cause de cette opacification physiologique avec le temps est mal connue, possiblement induite par la lumière. Au delà d’un certain stade cette opacification est à l’origine de troubles visuels : on parle alors de cataracte dite sénile.
Les autres causes d’opacification du cristallin sont les agressions mécaniques (traumatismes oculaires) ou métaboliques (élévation du taux de sucre sanguin ou hyperglycémie liée au diabète, inflammation intra oculaire, effets indésirables médicamenteux dont cortisone en particulier…).
Dans de rares cas un enfant peut naître avec un cristallin opacifié du fait d’un défaut survenu lors du développement foeto-embryonnaire : on parle alors de cataracte congénitale.

Quels sont les symptômes de la cataracte?


La baisse de l’acuité visuelle est le signe le plus fréquent chez l’adulte, généralement progressive et lente, s’accentuant avec le vieillissement, parfois rapide (cataracte post traumatique en particulier), en générale bilatérale et symétrique parfois unilatérale ou asymétrique, prédominante en général en vision de loin.
Chez le jeune enfant ce signe est absent (la baisse de vision n’étant pas ressentie). Une déviation de l’axe des yeux (strabisme), un reflet blanc de la pupille (ou leucocorie) doivent alors éveiller l’attention et faire consulter en urgence.
D’autres signes sont inconstamment associés à type d’éblouissements (photophobie) et de halos autour des sources lumineuses liés à la diffraction des rayons lumineux incidents par les opacités cristalliniennes. Plus rarement une vision dédoublée (ou diplopie) peut apparaître.
Une cataracte peut également entraîner ou modifier une myopie, une hypermétropie ou une presbytie du fait de la modification de l’indice de réfraction du cristallin (donc de sa puissance réfractive) sous l’effet de l’opacification.

Comment fait on le diagnostic de la cataracte?


Le diagnostic est en général facilement et rapidement fait lors de l’examen clinique par la mise en évidence de l’opacification "jaunatre" du cristallin lors de l’examen clinique bilatéral et comparatif effectué à l'aide de la lampe à fente.

Présence d'une opacifiaction jaunatre du cristallin ou cataracte
Une fois ce constat anatomique effectué il faudra préciser la gène occasionnée dans la vie quotidienne (retentissement fonctionnel), pour juger de l’utilité d’un traitement chirurgical puis rechercher d’éventuelles anomalies associées pouvant compromettre le résultat fonctionnel ou compliquer la chirurgie.

Quel est le traitement de la cataracte?


L’objectif du traitement de la cataracte est d’extraire chirurgicalement à travers une toute petite incision pratiquée au niveau de la cornée le cristallin cataracté en respectant son enveloppe postérieure (ou capsule), afin de le remplacer par une lentille intra oculaire artificielle translucide (ou implant) de puissance convergente adaptée, déterminée lors de la consultation pré opératoire par biométrie. Le traitement est exclusivement curatif, il n’y a pas, à l’heure actuelle, de traitement préventif de la cataracte dite "sénile".

le cristallin atteint par la cataracte (en haut) est remplacé par un implant (en bas)
L’intervention se pratique dans la plupart des cas sous anesthésie locale, obtenue sans piqûre orbitaire, à l’aide d'un gel anesthésiant déposé à la surface de l’œil, complétée par une perfusion intra veineuse de produits sédatifs et décontractants. Une anesthésie générale est également possible, mais rarement nécessaire. Les modalités exactes de l’anesthésie sont définies en concertation avec le médecin anesthésiste lors de consultation pré-anesthésique. Quel que soit le mode d'anesthésie retenu, l'objectif est de ne rien voir ni ressentir de désagréable pendant l'intervention.

Les deux yeux ne sont pas opérés le même jour pour limiter les conscéquences potentielles du risque infectieux (très faible mais non nul).

Le traitement est dans la plupart des cas réalisé en ambulatoire (sans nuit d’hospitalisation) au bloc opératoire en position allongée. Après dilatation de la pupille obtenue à l’aide d'un petit insert diffusant des collyres et désinfection des paupières : le cristallin opacifié est fragmenté puis aspiré sous microscope à l’aide d’une sonde miniature introduite au travers de petites incisions cornéennes afin d'être remplacé par une lentille intra oculaire artificielle positionnée dans le sac capsulaire postérieur du cristallin laissé en place.

L'intervention débute par la réalisation de 2 minuscules incisions cornéennes à travers lesquelles les instruments sont introduits :

l'intervention de cataracte débute par la réalisation d'une petite incision au niveau de la cornée
Une découpe circulaire est réalisée au niveau de la capsule antérieure du cristallin :

une découpe circulaire (ou capsulorhexis) est réalisée au niveau de la capsule antérieure du cristallin lors de la chirurgie de cataracte
Le cristallin est fragmenté par des ultrasons (phakoémulsification ultrasonore) et aspirés à travers la découpe circulaire pratiquée au niveau de la capsule antérieure du cristallin :

fragmentation par ultrasons et aspiration débutantes du cristallin (phakoémulsification) lors de la chirurgie de cataracte
L'extraction du cristallin concerne uniquement le cortex et le noyau :

fragmentation par ultrasons et aspiration en cours du cristallin (phakoémulsification) lors de la chirurgie de cataracte
L'extraction du cristallin est ainsi réalisée de façon avec précaution du centre vers la périphérie :

fragmentation par ultrasons et aspiration en voie d'achèvement du cristallin (phakoémulsification) lors de la chirurgie de cataracte
L’enveloppe capsulaire postérieure est laissée en place pour servir de support à l’implant souple mis en place en fin d’intervention :

fragmentation par ultrasons et aspiration du cristallin achevées (phakoémulsification) lors de la chirurgie de cataracte
L’implant souple est injecté en fin d'intervention à travers l'incision cornéenne :

implantation du cristallin artificiel (implant ou lentille intra oculaire) lors de la chirurgie de cataracte
L'implant souple se déploie une fois positionné dans le sac capsulaire afin de se centrer dans sa position définitive grâce à ses petites "anses" latérales :

implant ou lentille intra oculaire en position définitive en fin de chirurgie de cataracte
La puissance optique correctrice de l’implant monofocal dit "standard" sera adaptée (sauf cas particulier) pour limiter au maximum la myopie ou l'hypermétropie mais ne corrigera ni l'astigmatisme ni la presbytie. L'utilisation d'implants dits "premium" toriques et/ou mulfifocaux (non remboursés par la sécurité sociale) permet d'obtenir une plus grande indépendance aux lunettes après l'intervention en corrigeant au maximum l'ensemble de défauts optiques présents avant l'intervention (myopie, hypermétropie, astigmatisme et presbytie).

Il faut compter environ une heure de présence au bloc opératoire pour effectuer les différents temps de la prise en charge (mise en place de la perfusion, instillation des collyres, désinfection, mise en place des champs de protection stériles autour de l’œil, intervention proprement dite, surveillance post opératoire immédiate) et 3 heures environ de présence à la clinique (vérification préalable des données du dossier administratif, habillage, collation, surveillance et examen post intervention). Dans de très rares cas la durée de l’intervention peut être rallongée par la survenue d’une complication (saignement, rupture de la capsule postérieure…).

chirurgie de cataracte effectuée par phakoémulsification au bloc opératoire - centre pole vision - Lyon
Le traitement post opératoire comprend le port d’une protection oculaire (coque de protection translucide la nuit et paire de lunette dotée d’une large monture la journée) ainsi que l’instillation de collyres cicatrisants pendant quelques jours. Il faut prévoir de ne pas conduire de véhicule dans les jours suivant l'intervention et d'éviter de mettre de l'eau dans l'oeil, ainsi que toute activité à risque de choc oculaire durant les premiers temps.

La vision s'éclaircit en général rapidement dans les jours qui suivent l'intervention. Une sensation de corps étranger intra oculaire ("sable dans l'oeil") est fréquente dans les suites immédiates et peut perdurer parfois plusieurs semaines nécessitant l'usage de larmes artificielles. Le blanc de l'oeil peut être rouge pendant quelques jours après l'intervention.
Le bon déroulement de la cicatrisation sera contrôlé lors de l’examen de suivi post-opératoire.
Les complications post opératoires sont rares (infection à type d’endophtalmie, déchirures et décollement de rétine, œdème maculaire à type d’Irvine-Gass, hypertonie intra oculaire…) mais toute évolution inhabituelle (douleurs, baisse de vision…) survenant dans les suites immédiates de l’intervention doit amener à consulter en urgence.

Une fois la cicatrisation terminée, à l’issue d’une durée variable selon les personnes (un mois en moyenne), la correction des verres de lunettes sera réadaptée à la nouvelle vue.

Une opacification de la capsule postérieure du cristallin (qui avait été laissée en place à l’intérieur de l’oeil pour soutenir l’implant) peut survenir à distance de l’intervention et occasionner une baisse de vision. Il s’agit de la cataracte secondaire ou fibrose capsulaire postérieure.
Cette baisse de vision est réversible après traitement par capsulotomie au LASER YAG. Le centre de la capsule fibrosée est « pulvérisée » par le laser lors de ce traitement indolore effectué lors d’une simple consultation.

Consulter la fiche d'information de la SFO sur la chirurgie de la cataracte.

La cataracte peut dans de rares cas concerner les enfants, s'agissant alors dans la plupart des cas d'une cataracte congénitale. Les techniques de traitement de la cataracte congénitale diffèrent sur certains points de celles utilisées chez l'adulte.

Consulter la fiche d'information de la SFO sur la chirurgie de la cataracte chez l'enfant.



En espérant vous avoir permis de mieux comprendre les principes de l'opération, nous sommes à votre disposition pour toute information complémentaire.


Auteur: Dr Pierre-Loïc CORNUT MD,PhD
Dernière mise à jour: 22 Juillet 2016

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